
WALKER EVANS (1903 - 1975)
Né le 3 novembre 1903, à Saint Louis, Missouri, aux USA. Essentiellement autodidacte, il débute sa carrière photographique à l'âge de 25 ans.
Ses études d'architecture victorienne et les photographies du Sud rural des Etats-Unis pendant la Grande Dépression, réalisées pour la F.S.A. (Farm Security Administration) entre 1935 et 1937, et publiées aux côtés d'un texte de James Agee dans Let Us Now Praise Famous Men (1941), contribuent à la notoriété d'Evans.
En 1935, alors qu'il n'a que 38 ans, le MOMA (Museum of Modern Art) de New York, commande (*) à Evans une série de photographies des 608 masques, sculptures et objets présentés dans leur exposition d'art africain : "African Negro Art". Cet évènement, la première exposition financée par un musée d'art et non ethnographique, marquera l'apothéose de l'intérêt qu'a l'Occident pour "l'art nègre". En fixant objectivement cet art dit "premier", Walker Evans sait qu'il immortalise une culture qui a disparu ou qui est en voie d'extinction. Cet esprit marquera le reste de son oeuvre.
Comme son travail sur le sud rural américain, ses portraits de passagers du métro new yorkais photographiés à leur insu entre 1938 et 1941, immortalisent les tensions lisibles sur les visages d'êtres confrontés à un monde qui se modernise et qui semble leur échapper.
Walker Evans effectue d'autres commandes, notamment pour le magazine Fortune, dont il est aussi l'un des éditeurs (1945-1965). Il est également professeur d'Arts Graphique à l'université de Yale (1964-1974).
Son cadrage, son sens de l'architecture et d'observation, et l'attention qu'il porte à son sujet, même le plus banal, le démarquent de ses contemporains. Les images de Walker Evans sont précurseurs par leur modernité et transcendent la notion de document d'époque. Son style unique et sa réflexion sur l'objet même de la photographie sera une source d'inspiration pour de nombreux photographes, dont Robert Frank et Lee Friedlander, mais aussi de graphistes ou de réalisateurs de cinéma.
Dans un souci constant d'experimentation, Walker Evans s'essai à la couleur quelques années avant sa mort. Ses Polaroïds réalisés au SX-70 sont issues d'un regard mature qui maitrise parfaitement le language de la photographie. Il offre une vision du quotidien de l'être humain à travers des lignes épurées et des couleurs éclatantes comme celle d'une œuvre de Hockney ou Warhol qui anticipe les nouvelles démarches de la photographie couleur.
Walker Evans meurt le 10 avril 1975, à New Haven, dans le Connecticut.
(*) Le Metropolitan Museum de New York réunira ces images dans une exposition (2000), présentée plus tard au Musée du Louvre (2007).

Walker Evans en Fevrier 1937, photographié par Edwin Locke pour le FSA.







