BLOUSONS NOIRS

YAN MORVAN

Une sélection de photographies noir et blanc et couleur choisies dans les archives de 5 années d'immersion du photographe dans les bandes parisiennes.

Tirages en Sublimex, une 1ère technologique,  sur plaques d'aluminium et cadre - 80 x 110 cm - Signées, numérotées, édition de  15 ex.

36R
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YAN MORVAN, photojournaliste atypique 

1975, Yan Morvan est étudiant à la Sorbonne (il a laissé tomber les maths après deux années de classes prépa) et suit les cours de Gilles Deleuze à Vincennes. La France de D’Estaing se cherche entre l’inflation, les dîners oeufs cocotte du président chez l’habitant et le disco scintillant qui déjà précède sur les ondes l’arrivée de Cloclo à la télé. Il y a une alternative intéressante à l’ennui qui suit la révolution de 68 : les blousons noirs et les banlieues qui cherchent une issue dans un énorme melting pot culturel et qui annoncent l’arrivée de la décennie suivante : la victoire de la gauche en 81 et la montée de l’extrême droite en France, un grand écart toujours tenu, un cran écart toujours intenable…

Avec son appareil, Yan Morvan se plonge dans les bandes parisiennes et banlieusardes comme un assoiffé. Il veut voir, il veut comprendre, il veut saisir l’air de son temps et comprendre. Et à l’instar de Deleuze, il n’a de cesse d’expérimenter.

Yan Morvan, la PHOTOGRAPHIE comme un empirisme transcendantal

Chez Yan Morvan, tout relève de expérience. Mais les conditions de l’expérience (la photographie) sont indispensables à l’expérience elle-même. Il est donc exactement dans la lignée d’un philosophe comme Deleuze, dont on mesure aujourd’hui, en Amérique encore plus qu’en France !, le génie.

Avec Blousons Noirs, Yan Morvan se situe entre le roman policier et la science-fiction alors même qu’il n’a qu’un seul matériau : le réel. Ses images prises aux côtés des blousons noirs, entre Belleville et Boulogne, de 73 à 79 sont celles d’un snipper visionnaire qui retient du paysage non pas tant ce qu’il est mais ce qu’il deviendra… la(les) décennie(s) suivante(s) : ça sent les Harleys, les parrains, les flingues qui caressent les joues des filles aux cheveux courts, les prises de risque, ça respire le romantisme puisque décidément on ne sait plus rien de ce que veut dire l’amour, la famille et que, dans tout ce fatras, il va bien falloir parvenir à inventer quand même.