L'incroyable épopée (résumée !!!) des échanges et des marchés financiers

Les marchés financiers autonomes (c'est-à-dire non contrôlés par les états ou les royaumes) apparaissent réellement au 19ème siècle avec l'émergence des agents privés, des actions et des obligations modernes. On en est toujours aujourd'hui à peu près au même point de fonctionnement (malgré les différentes crises financières du 20ème siècle) à ceci près que les "monnaies-phare" ont évolué dans le temps.

La première marchandise échangeable est évidemment la matière première (les produits à l'état brut quels qu'ils soient), c'est-à-dire la nature elle-même, et notamment le sol et ce qu'il peut receler de richesses pour se nourrir, construire... La première révolution industrielle est également une révolution financière : les industries (sidérurgiques, métallurgiques...) vont alors de frayer une place au sein des marchers financiers via les agents privés et les investisseurs qui forcent les marchés d'échange à s'organiser autour des grands réseaux industriels mondiaux (laissant les états et les royaumes en plan). Nous sommes alors à la fin du 19ème siècle, et une invention majeure va encore venir bouleverser la donne : l'électricité.

On peut dire que l'électricité a provoqué nombre de remous sur la planète, et ceci pas seulement à cause de l'invention de la chaise électrique (bien plus propre encore que ne l'était la guillotine qui révolutionna la mise à mort à tel point qu'elle rendit son inventeur aussi célèbre qu'un Pascal ou qu'un Homère !). L'invention de l'électricité c'est l'émergence d'une industrie sans matière première (ou presque). La seconde révolution du marché, c'est l'entrée de l'intelligence au coeur de l'échange: que celui qui n'a jamais rêvé d'inventer EMC (maison mère de la virtualisation) pour être racheté par DELL 64 milliards de dollars me jette la première perle !

Et maintenant, où en sommes-nous ?

L'intelligence est toujours au coeur des fonctionnements des marchers financiers (avec plus ou moins de chance, cf. les désagréments de la spéculation) et, tout en même temps, on nous prend pour des andouilles. C'est peu cohérent mais cela permet aux états de nous pousser à consommer, puisque consommateurs à ses yeux nous sommes. Notre livret A pâlit à 0,75% d'intérêts, autant dire que cela ne rembourse même pas le coût d'usure du billet de banque. En même temps, les banques proposent des prêts à la consommation à moins de 4% sur 5 ans, cela laisse de la place pour financer des projets rapportant plus que ces pauvres pourcentages proposés.

L'art : un bel instrument financier 

Puisqu'il faut consommer, alors autant se faire plaisir. Le marcher de l'art, et notamment cela de la photographie d'art, est en plein boum depuis quelques deux décennies. Il faut dire que, comme le fut à son heure l'électricité, la chose est nouvelle et révolutionne même le concept d'oeuvre d'art : la photographie met fin à la pièce unique (le droit français admet des éditions jusqu'à 30 exemplaires) et fragile (sous cadre, une photographie ne risque rien). Mais attention, tout comme le piano (instrument des plus fantastiques jamais inventé), il y a beaucoup de photographes mais très peu de très bons photographes. Et c'est là tout l'intérêt du marché de la photographie d'art : la spéculation ne tient pas. Les artistes artificiellement cotés par les marchands peu scrupuleux ne tiennent que dans la sphère très confinée des spéculateurs ; hors leurs bras protecteurs, elles se font jeter au panier. Alors, si vous voulez que votre photographie soit (en plus d'un agrément de chaque jour) un bon placement, il s'agit de faire fi des cotes et des modes et de choisir en expert une oeuvre qui vous sied.

"L'art est pour l'homme un besoin comme le manger et le boire." 

Fedor Dostoïevski, Journal d'un écrivain

Quelques articles

 

"Comment investir dans l'art : l'exemple du marché de la photographie" Vision Patrimoine, voir

"Paris tient la corde pour les ventes de photos d’art." Capital, voir

"Diversifier son patrimoine avec la photographie d'art". DansQuoiInvestir.fr http://dans-quoi-investir.fr/photographie-dart/

"(...) depuis dix ans, les prix grimpent avec une régularité étonnante que les différentes crises financières n'altèrent pas." L'Express Votre argent, voir

"Art : la photographie d'art enfin accessible" Le Figaro, voir

"Rappelons que la photographie la plus chère jamais vendue (une œuvre de l'Allemand Andreas Gursky) s'est échangée à 3,2 millions d'euros." France TV Info, voir

"Investir dans la photographie d'art ? (...) Les prix grimpent" ING Direct, voir

"Placement plaisir par excellence (...). Il faut investir avant tout en fonction de ce que l'on aime." Les Echos, voir

"Investir dans l'art, un placement plaisir et défiscalisant." Toutsurmesfinances.com, voir

"La défiscalisation des oeuvres d'art et ses désagréments : il existe des solutions." JuriTravail.com, voir

"ISF : comment défiscaliser dans les oeuvres d'art." Toutsurmesfinances.com, voir

 

Combien la photographie d'art peut-elle rapporter ? ... trois exemples...

La Galerie Thierry Marlat a vendu

Irving Penn 'MOUTH (FOR L'OREAL), NEW YORK', à un collectionneur privé il y a 3 ans, 120 000 euros. Estimation actuelle : 180,000 — 230,000 GBP (vente Sotheby's du 19 mai 2016)

Guy Bourdin 'UNTITLED (FRENCH VOGUE, CHARLES JOURDAN)', en 1997 à Hamilton's Gallery, 1 500 Francs. Estimation actuelle : 8000  —  12000 GBP (vente Sotheby's du 19 mai 2016)

Robert Mapplethorpe ‘CALLA LILY’, à un collectionneur privé en 1998, 60 000 Francs . Estimation actuelle : 30000  —  50000 GBP (vente Sotheby's du 19 mai 2016)

 

Robert Mapplethorpe, CALLA LILY’, 1988, Dye-transfer print, flush-mounted to card. Signed, titled, dated and numbered 2/7 in ink in the Estate copyright stamp on the reverse. Mounted and framed. Sheet 57.1 x 56.1 cm. Actuellement en vente chez Sotheby's (vente du 19 Mai 2016)

ARTnet et ARTprice : quels outils pour quelle analyse ?

ARTnet et ARTprice sont des bases de données en ligne sur les résultats des ventes qui sont rendues publiques. Cela ne concerne en final que les salles de ventes aux enchères dont le public est presqu'essentiellement un groupe de marchands. Les ventes privées (réalisées par les galeries ou les fondations) ne fournissent pas leurs données aux bases et pour cause : à l'instar du billet de banque, la photographie est une monnaie dont la valeur ne lui est pas essentiellement intrinsèque. La densité d'une oeuvre isolée n'est pas celle qu'elle peut afficher comme élément participatif d'une collection... et l'art du galeriste consiste justement à rassembler les photographies et les photographes pour former un ensemble cohérent et à faire ainsi avancer l'ensemble du front artistique et non pas uniquement un seul auteur...

 

Fiscalité des oeuvres d'art et défiscalisations 

 

Pour les particuliers : exonération de l'ISF, taxation avantageuse des plus-values, paiement en dation de certains impôts 

Pour les entreprises : l'achat d'une œuvre originale peut, sous certaines conditions, être déduit du résultat annuel de l'entreprise..., voir